Premières nations, Inuits et Métis, et la Réconciliation

Premières nations, Inuits et Métis, et la Réconciliation

Si le peuple québécois a été un orphelin en foyer d’accueil dans la famille canadienne reconstituée, et sila Réconciliationest essentielle au rétablissement de cette famille reconstituée, alors on peut se demander : « Qu’en est‑il des Premières nations, des Inuits et des Métis qui vivent au Canada ? » Ce sont certainement des enfants de la famille canadienne reconstituée. Il est possible de les percevoir comme des enfants en foyer d’accueil n’ayant quela Terrecomme Mère naturelle, mais par elle, ils sont justement davantage chez eux dans notre Orphelinat canadien que tout autre enfant dont les ancêtres sont venus d’Europe. Si cette comparaison est justifiée, il est possible de percevoir le Nouveau parent (Mère Angleterre) comme arrivant dans l’orphelinat pour enlever la place du Premier parent (Amérindien). Le Nouveau parent a commencé ensuite à accueillir le peuple québécois et les Premières nations, les Inuits et les Métis, ainsi que ses propres enfants naturels ; il s’est ainsi retrouvé chef d’une famille complexe.

Bien que nous puissions être tentés d’en dire plus au sujet des autochtones – et il ne fait aucun doute que plusieurs dimensions de leurs relations brisées avec les membres francophones et anglophones de la famille ont été documentées -, il vaudrait mieux écouter leurs porte‑parole et entendre leur propre analyse des moyens de faire avancer les choses. Les thèmes des territoires et des droits accordés par traités, les tentatives qui ont été faites pour exterminer ou assimiler leur peuple et leur culture, la séparation et l’isolement que les colons des peuples fondateurs européens leur ont imposés, les diverses formes de mauvais traitements qu’on leur a infligés, de même que les crimes perpétrés contre eux par le gouvernement et autres, l’inaptitude et l’injustice avec lesquelles on a traité les Amérindiens en tant que groupes, familles et individus, s’inscrivent tous dans la tragique histoire qu’ils sont seuls à avoir le droit de raconter à ceux qui en ont fait des victimes et au monde.

Étant donné que le présent livre traite de la Réconciliation, toutefois, il convient peut-être de faire remarquer que le moyen qui a été choisi pour traiter de la question précise du « chapitre » des écoles résidentielles religieuses et gouvernementales dans les relations des Premières nations avec les autres Canadiens porte le nom de Commission Vérité et Réconciliation. En ce début d’année 2008, tandis que nous achevons ce livre,la Commission amorce une tentative de justice et de guérison. D’après le nom qu’elle porte, on peut en déduire que, comme dans le cas du Québec, leur histoire devra être racontée en toute vérité (ce qui est en cours de réalisation, bien qu’il y ait encore de nombreuses interférences). Ce n’est qu’une fois que la vérité aura été exposée qu’un quelconque processus conduisant à une véritable réconciliation pourra être lancé. Espérons que ce cheminement mènera à une guérison relationnelle et que les souffrances de la famille reconstituée seront transformées en une raison de vivre, plus noble, dont la famille reconstituée et souffrante du Canada a besoin. Il se peut que la grande question à se poser soit : « Le Canada arrivera‑t‑il à aller jusqu’au bout du chemin dela Vérité et dela Réconciliation en toute bonne foi ? »

Dans le monde entier, on fait actuellement des pas vers la réconciliation avec d’autres Premières nations. L’Afrique du Sud et l’Australie progressent dans ce sens.

Les peuples qui s’intéressent àla Réconciliationdans ce contexte ne la perçoivent pas tous dans la perspective essentiellement chrétienne de la repentance et du pardon. Il se peut que, par une approche plus globale, on la définisse comme étant le fait de prendre des mesures mutuellement acceptables pour véritablement passer de l’antagonisme au respect et à la confiance. Il est difficile d’imaginer que cela puisse se produire sans reconnaître nos torts et sans en demander ensuite pardon avec assez de sincérité pour que tout soit accepté et forme un fondement en vue d’une nouvelle relation. Pour rendre la tentative de Réconciliation suffisamment efficace, il faudra peut-être avoir recours à un processus de justice réparatrice, et qu’une certaine forme de restitution en fasse partie. À ce stade‑ci, si nous désirons aller de l’avant et nous engager à favoriser des changements pertinents et durables, il est évident quela Réconciliationpourrait s’avérer coûteuse, et ce, tant pour la victime que pour le fautif.

 

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